Au lendemain du coup d’État du 25 juillet 1996, le Burundi s’enfonce dans l’une des pages les plus sombres de son histoire contemporaine. Le retour au pouvoir de Buyoya Pierre, battu dans les urnes en 1993, inaugure une politique de terreur méthodique : les camps de regroupement forcé ou camps de concentration du Burundi.
Derrière les termes techniques, une réalité crue : plus d’un million et demi de Burundais – étiquetés Hutu – déracinés, entassés, affamés, enfermés. Ces camps, que de nombreux observateurs qualifieront plus tard de crimes de génocide, de crimes contre l’humanité, restent aujourd’hui encore méconnus, peu étudiés, souvent tus.
Ce livre s’inscrit dans le prolongement d’un travail de mémoire entamé de longue date. Après avoir exploré les grandes étapes de l’histoire millénaire d’Ingoma y’Uburundi, analysé les mécanismes de la guerre civile burundaise (1993–2003) dans un contexte de globalisation unipolaire, et retracé les trajectoires de la diaspora burundaise, il devenait nécessaire, urgent, de nommer l’impensable.
À travers ses pages, l’auteur interroge les responsabilités, éclaire les silences, et appelle à une justice encore attendue.

